Aethina tumida, attention danger !

Aethina tumida, attention danger !

La suspicion d’Aethina tumida en France par des imports de reines en provenance d’Argentine, émise le 17 avril 2018, n’a pas été confirmée (précisions ici : http://agriculture.gouv.fr/parasite-des-abeilles-aethina-tumida-suspicion-non-confirmee). Il semblerait donc que le petit coléoptère de la ruche ne soit pas encore entré dans l’hexagone.

Larve Aethina tumida

Larve Aethina tumida

La dispersion naturelle du petit coléoptère est très lente : 250 km en plus de 100 ans selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Cependant, la menace est bien réelle et nous devons rester vigilants. Chaque détenteur de ruches doit rechercher les signes suivants : des œufs d’Aethina tumida dans des fissures de la ruche, des larves et des galeries suspectes dans les cadres, des petits coléoptères qui courent au fond de la ruche, du couvain mangé, une odeur de fermentation. L’infestation par Aethina tumida est une maladie réglementée dans l’Union Européenne et tout particulièrement en France. Toute suspicion et tout cas confirmé doivent être déclarés aux autorités sanitaires (DDecPP). Toutes les informations détaillées sur Aethina tumida ici : ANSES-Ft-Aethinatumida0415.

C’est l’importation d’essaims ou de reines qui constitue un risque majeur d’introduction d’Aethina tumida sur notre territoire, il est donc d’une importance extrême de respecter scrupuleusement la réglementation sur les importations. Son non-respect expose à des poursuites pénales.

Rappel sur la réglementation concernant l’import d’essaims d’abeilles et de reines :

1- Au sein de l’Union Européenne, il est possible d’importer des colonies d’abeilles ou des reines, en provenance de pays de la Communauté Européenne à conditions :

  • que celles-ci proviennent de zones qui ne font pas l’objet d’interdiction liée à la détection des dangers sanitaires suivants : loque américaine,
    Abeilles couvain cadre jambage

    Cadre de couvain sain

    Aethina tumida et acariens Tropilaelaps ;

  • que chaque lot soit accompagné d’un certificat sanitaire conforme (identique pour chaque pays de l’UE), signé par le vétérinaire ou l’inspecteur officiel. Le certificat doit être conservé précieusement, et l’acquisition doit être notée de façon détaillée dans le registre d’élevage (origine et destination(s)).

2- En ce qui concerne l’importation en provenance des pays Tiers (hors Union Européenne)

Pays tiers : voir les pays listés à l’annexe II, partie 1 du règlement (UE) de la Commission n°206/2010 sur : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32010R0206

  1. L’importation de colonies d’abeilles est interdite. Seules les importations de lots de reines d’abeilles et de lots de colonies de bourdons sont autorisées sous certaines conditions ;
  2. L’importation des reines est autorisée sous les conditions suivantes :
  • l’importateur doit prévenir la DDcsPP 1 mois avant la réception des reines et confirmer l’arrivée des lots, 48 h avant la livraison ;
  • les reines, à leur départ, doivent être placées dans des cagettes à reines individuelles accompagnées de 20 abeilles au maximum ;
  • les reines doivent être accompagnées du certificat sanitaire approprié en provenance du pays exportateur (modèle imposé par la commission européenne) et satisfaire aux exigences sanitaires qui y sont précisées ;
  • un contrôle documentaire et d’identité est effectué au poste d’inspection frontalier (PIF), qui délivre le document vétérinaire commun d’entrée (DVCE) à l’apiculteur qui le conservera précieusement ;
  • l’apiculteur importateur doit effectuer un contrôle à réception qui se déroule de la façon suivante :
  • Il effectue un examen visuel à l’ouverture du colis pour s’assurer qu’il n’y a aucun problème sanitaire dans les lots reçus et ce, dans un espace confiné afin d’éviter
    Aethina tumida adulte

    Aethina tumida adulte

    la dispersion dans l’environnement d’abeilles accompagnatrices, éventuelles sources de contaminations ;

  • Il effectue un ré-encagement des reines, chaque nouvelle cagette est étiquetée pour en assurer la traçabilité (N°DVCE, nom ou n° importateur, rucher destinataire) ;
  • Il effectue un envoi de l’ensemble du matériel qui a servi au transport (cagettes, emballages) et des abeilles qui accompagnaient les reines (abeilles tuées par congélation par ex.) à un laboratoire agréé pour les analyses sanitaires apicoles (voir la documentation ANSES sur l’analyse des cages à reines : ANSES_methode d-analyse des cage a reines) ;
  • Il assure la traçabilité des reines en marquant les ruches contenant une reine d’import et en conservant tout document attestant du mouvement des reines d’import (vente à d’autres apiculteurs) ; il complète son registre d’élevage.

La DDcsPP  est susceptible d’effectuer tout contrôle jugé utile dans le cadre de la prévention, de la surveillance de la lutte contre les dangers sanitaires concernant les apidés et en particulier, dans le cadre d’importations, des contrôles :

–> chez l’importateur :

  • physiques (à l’ouverture du colis et ré-encagement des reines, vérification du local de ré-encagement,…) ;
  • documentaires (DVCE, registre d’élevage, conformité des résultats d’analyses, …) ;

–> sur tous les sites où des reines issues de l’importation ont été introduites.

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Varroa

Un film très explicatif :   http://www.youtube.com/watch?v=XjddgVnf8XY

Varroa destructor est un acarien parasite externe hématophage des abeilles. Il est à l’abeille ce que la tique est aux chiens, bovins, équins, humains…
Il est, à l’origine, parasite de l’abeille asiatique Apis cerenae et a un cycle de développement adapté à celle-ci, plus court que celui d’Apis mellifera, “notre abeille”. Cela ne l’a pas empêché de la parasiter et de s’adapter à son cycle. Il a gagné tous les ruchers de France et provoque des pertes de colonies importantes. La lutte est complexe et ne peut être efficace que si l’on connaît bien le cycle de ce parasite.
Aujourd’hui en France, seule l’île d’Ouessant est indemne, protégée son statut insulaire et les apiculteurs bretons qui ont pris des mesures de protection de leur rucher avant l’arrivée de Varroa!
Voici donc le cycle de ce parasite.
Le cycle de Varroa se fait dans la cellule après operculation. C’est donc un parasite de l’adulte et du couvain dont la présence est nécessaire pour son développement. Seule la femelle est hématophage, quand au mâle on ne sait pas s’il se nourrit. Il ne sert qu’à la reproduction (c’est déjà pas mal!).
-La femelle Varroa fondatrice va entrer dans les cellules d’ouvrières ou de faux-bourdons au stade larvaire juste avant l’operculation et s’immerge dans la gelée larvaire, pour se cacher des abeilles ouvrières nettoyeuses, nourricières et cirières.
-Juste après l’operculation, la femelle va se nourrir sur et de la larve.
-60 à 70 heures après l’operculation, le premier oeuf est pondu: c’est généralement un mâle (haploïde).
-Puis la femelle fondatrice pond entre 4 et 6 oeufs femelle en fonction de la cellule où elle se trouve.
*3 à 4 dans les cellules de couvain d’ouvrière (+1 mâle)
*5 ou 6 dans les cellules de couvain de faux-bourdon (+1 mâle)
Il y a eu une adaptation de Varroa au cycle de Apis mellifera. Le couvain de faux-bourdon étant operculé plus longtemps (14,5 jours) que celui des ouvrières (12 jours), la ponte de Varroa s’est adaptée à ce caractère physiologique en s’optimisant et donc en augmentant sa fertilité dans les cellules mâle.
-Le développement de l’oeuf à l’adulte se fait dans la cellule operculée. Les différents stades sont:
*Oeuf (24 heures)
*Protonymphe libre (30 heures) et première mue (24 heures)
*Deutonymphe(48 à 60 heures)
*Adulte après une mue imaginale (24 heures).
Ce développement dure environ 134 heures pour le mâle et 154 pour la femelle.
-Le mâle Varroa va s’accoupler avec ses soeurs dans la cellule sous l’opercule. Les femelles vont remplir leur spermathèque puis elles ne s’accoupleront plus.
-Lorsque l’abeille émerge de sa cellule, les jeunes Varroa et la femelle fondatrice quittent la cellule sur l’abeille. Le mâle survit un court moment dans la cellule ouverte. On n’en a jamais vu à l’extérieur.
-Les femelles Varroa, étant très mobiles, vont alors parasiter d’autres abeilles.
Les femelles fondatrices peuvent faire plusieurs cycles reproducteurs (2 ou 3) et donc être à l’origine d’une grande descendance.
Conclusions:
Varroa destructor s’est adapté à Apis mellifera et son lieu de prédilection pour se reproduire est la cellule de faux-bourdon. Il a été constaté que le couvain de mâle était beaucoup plus attractif pour Varroa que le couvain d’ouvrières.
La propagation de Varroa de ruche à ruche est associé au comportement de dérive et de pillage des abeilles. La transhumance joue également un rôle.
A l’étude de ce cycle, on peut voir poindre à quel moment il faut lutter contre ce parasite qui affaibli et peut détruire les colonies d’abeilles.
(Sources: Marc-Edouard Colin, Russell Goodman…)